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Kaïssa Doumbè En Concert Au Cameroun

« C’est un grand moment pour moi »

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Pour sa première tournée au Cameroun, Kaïssa se produira par deux fois à l’Institut Francais de Douala (Les 18 et 19 Octobre) et en une seule fois (le 20 Octobre 2012) à l’Institut Francais de Yaoundé.

Nous reproduisons ci-dessous l’interview que l’artiste a bien voulu accorder à Cameroon Tribune.

Comment se passe ce séjour en terre camerounaise ?

Kaïssa Doumbè Sur Scène

Ce sont mes premiers concerts en entier, du début à la fin. Pas une chanson ou deux comme je l’ai fait lors du Fenac en 2008 ou lors de la célébration de l’indépendance. Je suis très émue. Pour plusieurs raisons. Je suis très attachée à ma terre. Je chante en duala, en ewodi. Ça représente un rêve de longue date qui se réalise. Parce que c’est quand même très ironique de faire le tour du monde, d’être plus connue au Pérou où mon show a été voté meilleur concert de l’année 2007, et de ne pas encore avoir rencontré mon public camerounais. C’est un grand moment pour moi.

Comment faites-vous pour être aussi loin de votre terre et en même temps aussi près ?

Il y a un proverbe aux États-Unis qui dit : « You can leave Africa, but Africa will never leave you ». Ma terre est très importante pour moi. Elle est très riche. Avec un héritage et une culture absolument magnifiques. Ça a toujours été simple, ça n’a jamais été forcé. Bien au contraire, je trouve que l’amour de chez moi a grandi et s’est exacerbé pendant que je vivais à l’extérieur et que vivais le racisme et le rejet dans certains pays européens et autres.

Comment entretenez-vous cet amour pour votre culture ?

Je suis à ce stade à cause et grâce à ceux qui ont été là avant moi. J’avais un père qui était déjà très intéressé par l’histoire et la culture de chez nous, Maurice Doumbè Moulongo. Il a écrit plusieurs ouvrages. Je trouve que c’est très important d’apprécier d’où l’on vient. J’ai vu ça chez les autres, en Amérique. Pour leur terre, ils sont prêts à mourir et à défendre leur patrie. Et avec l’immigration, je pense que quelque part, on emporte toute cette histoire. Ça peut être n’importe quoi, comme les « makala ma mbassi ». C’est des choses personnelles comme ça que j’ai eu envie d’exprimer. J’ai eu le manque du pays, ça peut être très difficile de vivre à l’Etranger et je voulais le chanter de façon très directe.

Que retrouvez-vous à New York que vous avez laissé ici ?

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La richesse culturelle. Le Cameroun est connu comme l’Afrique en miniature. New York est un peu le monde en miniature. Tu vas marcher sur la 54e rue, entre la septième et la huitième avenue, tu vas voir un restaurant sénégalais, grec… Il y a vraiment une richesse culturelle qui est très impressionnante. C’est vraiment le lien que je ferai entre New York et Douala ou Yaoundé. Une richesse musicale, en termes de langue également.

Pensez-vous que vous auriez pu vous exprimer autrement que par la musique, avocate par exemple ?

J’ai honte de dire que j’ai un Deug en droit (rires). J’ai toujours été attirée par l’art. Il faut dire que j’ai une famille qui est très artistique. J’ai une maman couturière. J’ai un père qui était dans la politique, mais qui chantait excellemment bien, qui écrivait et lisait de la musique. Il l’a appris tout seul. J’ai d’ailleurs enregistré une ou deux de ses chansons sur mon prochain album. Il y a Frédéric Moulongo, mon frère qui vient juste avant moi, qui est bassiste, tout comme Raymond. Il y a Chantal qui chante très bien, maman chante aussi. Jean-Georges, mon feu frère, était un guitariste et chanteur, feue Denise Mpacko était danseuse classique. Donc j’ai grandi avec ça. Et dans l’univers camerounais, regardez le nombre de bassistes qu’il y a à l’Etranger, c’est assez impressionnant. A 5 ans, je montais sur la table et je chantais à tue-tête. Et donc, mon père rêvait de me voir avocate au barreau de Douala et je l’ai déçu (rires). Au bout de deux ans, j’ai eu le courage de lui dire : Papa, pas dans cette vie.

Vous parlez des héros pour la lutte des droits civiques que vous avez découverts dans votre adolescence. Cela a-t-il influencé votre musique ?

Grandement, parce que tout ce que je lisais élargissait non seulement ma compréhension de la culture, mais aussi du monde, de l’histoire et puis me touchait à un niveau personnel. Parce que quelqu’un comme Miriam Makeba est une chanteuse fabuleuse. Elle a beaucoup combattu. Elle est allée aux Nations unies dans les années 60, elle a eu beaucoup de courage. Moi j’admire beaucoup ce genre de personne, parce que c’est grâce à ces combattants que je peux vivre à New York et que j’ai les opportunités que j’ai.

Une prémonition ?

C’est vrai aussi que les Etats-Unis, c’est un univers qui m’a vraiment captivée. J’avais eu l’occasion d’y aller en tournée avec Manu Dibango en 94 et j’ai un ami très cher, André Manga, qui est un grand musicien, qui s’y est installé en 96 et qui m’a vraiment encouragée à y aller. C’est vrai que je revisite un peu les lieux d’habitation et de vie de ces héros de la lutte pour la liberté.

Ton dernier album « I am so Happy », que le public va découvrir, est très multiculturel…

Je pense que je suis multiculturelle, je suis panafricaine. Et donc j’ai voulu revisiter des rythmes un peu différents. Du ragga, un rythme un peu reggae, un petit peu de mangambeu mélangé à du bolobo. J’ai aussi rendu hommage à Miriam Makeba à travers son rythme, le Mbaqanga, dans une de ses chansons, « Ntyilo Ntyilo », bien que cette dernière soit un peu plus jazz. On a aussi un hommage à Fela Kuti, avec le titre Afro beat. Il y a également la musique mandingue que j’ai beaucoup aimé, parce que j’ai eu le privilège de travailler avec Salif Keita. J’ai vraiment voulu rendre hommage au monde noir, à la diaspora, au temps et revisiter des rythmes et des thèmes qui touchent au passé kamite.

Le considères-tu comme une évolution de ton 1er album « Looking There » ?

Je ne sais pas ce que vous mettez dans le mot évolution. Il n’y a jamais de calcul dans mon écriture. J’écris et je compose de manière organique et spontanée. Par exemple, entre le 1er et le 2e, j’ai perdu ma chère sœur, Denise Mpacko et il n’était que plus naturel que je lui rende hommage en musique. Ce que je fais dans le titre « I am so Happy ». Et elle aimait beaucoup ma musique. Donc il n’y a pas de trame et de calcul, je ne me demande pas comment je vais faire le prochain, je laisse les choses venir et les circonstances me guider. Je vais le dire en anglais : The circumstances just create the writing, the way I write. It’s very spontaneous. It’s not calculated.

Comment se passe la collaboration avec d’autres artistes camerounais hors du pays ?

Déjà, il faut qu’elle commence dans le pays. J’ai vraiment hâte, parce qu’il y a plusieurs personnes que j’ai rencontrées lors de mon passage au Fenac et lors de la célébration du cinquantenaire. Donc j’ai vraiment très envie de collaborer avec d’autres artistes et sûrement prendre avantage du fait que je travaille avec le super orchestre de Denis Moussinga pour peut-être commencer à préparer des projets. A l’extérieur du pays, mon 1er amour, ce sont les chœurs et je continue à le faire de temps en temps. Je l’ai fait pour l’album d’André Manga et avec Gino, on était ensemble le 10 octobre dernier, il était venu enregistrer. Donc il y a des choses en vue.

N’avez-vous pas d’appréhension à occuper la scène toute seule devant le public camerounais ?

Absolument pas. J’ai hâte!

Rita DIBA, Cameroon Tribune

 

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