Latest...

Les Grands Chantiers Prennent Enfin Forme

kribi_1-960x720

Les grands projets lancés il y a cinq ans prennent enfin forme. Reportage sur les chantiers de trois ouvrages stratégiques.
Mis à jour le 26 mai 2014 à 12h28, CET : À l’heure où se matérialisent les premiers chantiers structurants lancés en 2009 par le gouvernement dans le cadre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) et du plan Vision 2035, un enthousiasme de bon aloi semble gagner le Cameroun. Au point que les discours officiels évoquent déjà une deuxième tranche de projets à venir. Il conviendra pourtant de s’armer de patience, le temps de réunir les financements nécessaires. Yaoundé a déjà dû débourser plus de 23 millions de dollars (environ 17 millions d’euros) pour les dix-huit projets en cours dans le secteur minier, l’énergie et surtout les infrastructures.

Outre les bailleurs de fonds, le gouvernement doit convaincre sa population, qui attend toujours de mesurer les retombées réelles de ces chantiers sur son quotidien. Le temps presse et il ne faudrait pas qu’au retard propre à des projets de cette envergure viennent s’ajouter des incertitudes liées à l’agenda présidentiel. Du moins si le Cameroun veut pouvoir relever le défi de l’émergence à l’horizon 2035.

Kribi, ou le défie d’une entrée note dans le commerce international

Deux portiques à conteneurs trônent sur le quai du terminal de Mboro, à 33 km au sud de Kribi. Au pied de ces mastodontes, les techniciens camerounais et chinois de China Harbour Engineering Company (CHEC) posent et soudent les rails sur lesquels ils rouleront. Une vingtaine de mètres en KribiPortarrière, cinq portiques de parc attendent d’être installés sur l’aire de stockage en cours d’aménagement. Dans le prolongement du quai de chargement, la digue de protection de 1 355 m continue d’être remblayée, en attendant l’édification du musoir qui solidifiera l’édifice.
D’un coût de 430 millions d’euros, la première phase de ce projet a été financée à 85 % par China Eximbank.

Si la construction des bâtiments et d’une partie de la route d’accès au site de Mboro accuse un retard certain, la livraison des deux premiers terminaux du port de Kribi est toujours attendue pour juin. “Globalement, au 31 mars, 88 % des travaux de la première phase avaient été réalisés”, s’enthousiasme Patrice Melom, coordonnateur de l’unité opérationnelle du comité de pilotage du projet.

D’un coût de 430 millions d’euros, financé à 85 % par China Eximbank, cette première phase comprend aussi le dragage du chenal d’accès jusqu’à un tirant d’eau de 16 m, pour accueillir des navires de 70 000 tonnes. “Le port en eau profonde a vocation à accueillir les bateaux qui ne peuvent faire escale à Douala”, précise Philippe Labonne, directeur général Afrique de Bolloré Africa Logistics (BAL).

BAL a déjà annoncé sa candidature pour exploiter le futur terminal à conteneurs, mais Necotrans est également sur les rangs. Pour le terminal polyvalent, cinq entreprises sont en lice : APM Terminals, International Container Terminal Services (ICTSI), Marsa Maroc et les groupements Necotrans-KPMO et Sea-invest-CLGG. Les élus devraient être connus dans le courant de l’année.

Bamenda-Enugu, ou le cordon ombilical qui relie l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique Centrale

“Ils sont lents. Les travaux évoluent bien plus vite de l’autre côté [de la frontière]”, juge un commerçant attablé dans un bistrot d’Ekok, à quelques encablures du Nigeria. En ce mois d’avril, le soleil cogne sur l’asphalte tout neuf à mesure qu’avancent les travaux de terrassement du tronçon de 61 km qui doit relier les localités camerounaises de Mamfé et Ekok.

Le chantier est l’ultime tranche restant à réaliser sur le corridor Bamenda-Enugu (une portion de la Transafricaine Lagos-Mombasa), mais le bitumage des 33 derniers kilomètres ne devrait pas être Road-constructionachevé avant février 2015. “La faute à la pluie : il pleut neuf mois sur douze dans cette région, et l’eau est le pire ennemi du bitume”, prévient Gustave Akono Ovambe, ingénieur au ministère camerounais des Travaux publics. D’autres problèmes ralentissent également les progrès, comme le manque de matériaux sur place. “La latérite et le gravier concassé sont très difficiles à trouver”, confirme Pius, chef d’équipe pour China International Water & Electric Corporation (CWE), chargé du chantier.

À Ekok, la file d’attente s’allonge devant le bureau des douanes, où stationnent plusieurs bus venant du Bénin, ainsi que quelques camions surchargés de bidons de carburant de contrebande.
“Ce poste frontière préfigure ce que devraient être les échanges entre la CEEAC [Communauté économique des États de l’Afrique centrale] et la Cedeao [Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest], dès que la route sera achevée”, relève un douanier.
Les agriculteurs du coin ont déjà fait leur calcul. Ils déboursent actuellement 15 000 F CFA (23 euros) pour parcourir en une semaine les 208 km qui séparent Ekok de Bamenda, avec le risque de voir leur production pourrir en chemin. “Dorénavant le trajet se fera en trois heures et pour 2 500 F CFA seulement”, sourit l’un d’eux, bien conscient de l’aubaine.

Lom Pangar ou l’espoir de l’autosuffisance en energy électrique

Sur le site de Lom Pangar, à 120 km au nord de Bertoua, capitale de la province de l’Est, la noria de camions est incessante. Les larges essieux des poids lourds ploient sous la charge des immenses blocs de roche transportés de la carrière à la centrale de concassage, où ils sont transformés en granulat, utilisé pour la construction du barrage qui doit entrer en service à la fin de l’année prochaine.
Sur les deux berges de la rivière Lom, les digues de remblai, constituées de couches successives de pierre et de terre, s’élèvent progressivement. La digue érigée pour canaliser en partie les 6 milliards de m³ d’eau du réservoir (qui couvrira 540 km²) est, elle, presque achevée. Au creux de ce qui ressemble dorénavant à une petite vallée, le béton coule à flots. Les fondations de la future centrale hydroélectrique, d’une capacité de 30 mégawatts (MW), émergent à peine de l’eau jaunâtre de la rivière, où s’activent ouvriers et ingénieurs de China International Water & Electric Corporation (CWE, le maître d’oeuvre). Selon les prévisions, cet immense ouvrage devrait garantir l’approvisionnement en électricité de toute la région pour les vingt-cinq prochaines années.

En domptant une rivière qui se jette dans le fleuve Sanaga, le barrage réservoir de Lom Pangar permettra également de réguler le débit de ce dernier et d’alimenter ainsi les ouvrages installés (ou à venir) le long du principal cours d’eau du pays. À terme, avec la construction, en aval, des barrages de Nachtigal, Song Mbengue, Song Ndong et Kikot, “le bassin de la Sanaga doit pouvoir produire 6 000 MWh [dont 3 000 dépendent de l’entrée en service de Lom Pangar]”, estime Théodore Nsangou, directeur général d’Electricity Development Corporation (EDC), le maître d’ouvrage du projet.

Il tient à démentir la rumeur qui circulait ces derniers mois concernant une éventuelle suspension du financement de 132 millions de dollars (95 millions d’euros) accordé par la Banque mondiale à la suite de problèmes environnementaux. L’institution, qui aurait déjà provisionné plus de 50 millions de dollars, “maintient sa participation et a même préfinancé la contribution de la Banque européenne d’investissement [BEI]”, insiste Nsangou. La Banque mondiale est le principal bailleur de fonds du projet, dont le coût total est évalué à 500 millions de dollars.

Jeune Afrique

1 Comment on Les Grands Chantiers Prennent Enfin Forme

  1. Cameroon is really a beautiful place to discover.Go and see.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s